Le fondateur

« Ma première rencontre avec l’œuvre de Francis Bacon remonte à mes années universitaires à Londres au début des années 1990. Parallèlement à mes études en commerce et en relations internationales, j’ai suivi un cours d’histoire de l’Art.

Au cours d’une visite à la Tate Gallery, j'ai été confronté au triptyque de Bacon, Trois études de figures au pied d’une Crucifixion (1944). Ma réaction immédiate face à ce tableau fut contradictoire. J'étais à la fois choqué par ces formes organiques mi-humaines, mi-animales, et complètement fasciné par ces étranges créatures menaçantes sur fond orange. L’énigmatique triptyque de Bacon défiait l’interprétation et a déclenché chez moi le besoin d’explorer son univers. Mon immersion dans l’œuvre, la vie et la méthodologie de l’artiste a commencé à cette époque et se poursuit encore aujourd’hui.

Je me suis rapidement aperçu, au fil de mes recherches, que Bacon avait vécu et travaillé à Monaco de juillet 1946 jusqu'au début des années 1950. Il retourna fréquemment en Principauté pour de longs séjours tout au long de sa vie, avec ses amants et son cercle d’amis. Ses villégiatures à Monaco et sur la Côte d'Azur faisaient partie des moments de sa vie dont il parlait le plus spontanément. Il faisait souvent référence au travail qu'il parvenait à accomplir à Monaco, malgré les nombreuses distractions qui s’offraient à lui.

Etant résident monégasque depuis plus de vingt ans et considérant l’attachement et la fascination que Monaco exerçait sur Bacon, je me suis mis à rêver d’un projet concret en sa mémoire. La création d’une fondation à Monaco dédiée à cet artiste singulier me paraissait dès lors être une évidence. J’ai initié le projet en 2010 et le 28 octobre 2014 (date anniversaire de la naissance de Francis Bacon), la Francis Bacon MB Art Foundation a été inaugurée par S.A.S Le Prince Albert II de Monaco.

Cette institution a pour mission de promouvoir une meilleure compréhension de l’œuvre, de la vie et de la méthodologie de Francis Bacon, en portant une attention particulière à la période durant laquelle l’artiste a vécu et travaillé à Monaco et en France. Cet autodidacte, qui décrivait ses tableaux comme des « concentrés de réalité », s’est attaché durant toute sa carrière à explorer le côté obscur de l’existence humaine. Ses peintures convulsives et sublimes m’interpellent encore aujourd’hui, plus de vingt ans après sa mort. »

Majid Boustany